jeudi 28 mai 2009

Le Dragon bleu

Il y a quelques temps, je suis allée voir Le Dragon bleu au TNM. C'était la première fois que je voyais une pièce de Robert Lepage (shame on me, je sais). De ce prolifique créateur de Québec, je ne connaissais que le Confessional et la version filmée des Sept branches de la rivière Ota, que j'avais bien aimés.

Je m'attendais à des jeux de mise en scène, à des installations inventives. Je n'ai pas été déçue. Le dispositif scénique sophistiqué offre une foule de possibilités, qui sont utilisées avec fluidité dans le fil narratif de la pièce.

J'ai adoré le naturel avec lequel Lepage transporte le contexte chinois sur scène, se permettant des appartées didactiques pertinentes sur la culture chinoise. La scène où Pierre Lamontagne se remet à la calligraphie pendant que la jeune chinoise attend nerveusement le résultat d'un test de grossesse m'a particulièrement plu. Le jeu des parralèles et le trait de pinceau de l'un qui révèle le future de l'autre transforment la scène en un tableau symbolique fort, l'espace d'une moment.

Mais mon coup de coeur va sans hésiter aux moments dansés par la jeune chinoise. Ces intermèdes tous en lumière et en émotion m'ont tout simplement ravie! La chorégraphie où les manches du costume deviennent un poupon est terriblement touchante ; la simplicité et la grâce des gestes de la danseuse m'ont émue.

La pièce est à l'affiche jusqu'à samedi, mais elle reviendra au TNM en juin 2010.

mardi 5 mai 2009

Finalement, je succombe

Bon, je dois confesser un truc. En vacances, j'ai manqué de lecture. J'avais apporté l'excellent roman de Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près, dont j'avais parlé ici. J'en ai dévoré la fin le premier avant-midi passé sur la plage. Je me suis ensuite rabattue sur des magazines de mode, lecture de vacances par excellence. Puis, j'ai manqué de lecture.

Ma petite soeur m'avait parlé de Twilight avec enthousiasme dans le temps de fêtes - le genre d'enthousiame louche pour une jeune femme de carrière de 25 ans qui parle de littérature romantico-science fictionnelle pour les adolescentes américaines... Ma moyenne soeur, qui elle déteste lire et considère les Archie comme des "livres", a lu Twilight aussi. Les 4 tomes de 500 et quelques pages, en un mois. Elle en lisait d'ailleurs frénétiquement les dernières pages sur la plage, pendant nos vacances.

Alors j'ai demandé à voir. Ou plutôt à lire. Prévoyante, ma petite soeur avait apporté le tome 1 de la saga de Stephenie Meyer dans ses valises, me garantissant que j'allais embarquer.

Ouin. Les vampires et la science fiction ne font pas partis de mon régime littéraire.

Sauf que l'époque lointaine du secondaire (du high school dans ce cas-ci) et de ses romances sont des éléments universels (en Occident du moins). Et que malgré une absence totale de style dans sa plume, Meyer sait raconter une histoire. Ces éléments joints font que non seulement j'ai lu ce bouquin qui rend folles l'ado nord-américaine moyenne, mais qu'en plus j'ai sucombé.

Contre toutes attentes, j'ai joint ma pâmoison pour le ténébreux Edward à celle des milliers de fans, j'ai intégré la mythologie vampiresque de Meyer et j'ai espéré le baiser entre Juliette et son Roméo. Alors lecture adolescente ou pas, cliché dégoulinant de romance ou pas, opération commerciale ou pas, le mal est fait : je suis maintenant une twilighter.