mercredi 19 novembre 2008

La complainte des infirmières

Marc Labrèche donne voix (et corps) aux infirmières québécoises qui sont "pu capables". Hilarant.

jeudi 6 novembre 2008

Feist à Montréal

Hier soir, Feist s'est présentée au Centre Bell en bottines blanches un brin rétro et petite robe pailletée. Mais surtout elle avait du chien, un plaisir de gamine et son authenticité. Si j'aimais ses chansons, j'aime maintenant l'artiste.

D'abord, il y a la voix, à la fois éraillé et puissante, qui peut s'arrondir sur les hautes notes tout autant que s'y effilocher. Il y a aussi la maîtrise musicale. Je ne suis pas férue de technique, de sono ou de guitare, mais Leslie Feist fait preuve d'une intelligence musicale épatante. La guitare au cou et le pied sur la pédale, elle en jette et s'amuse visiblement. Particulièrement quand vient le temps de pièces plus rythmées où elle empoigne sa guitare électrique. J'ai adoré son travail de boucles musicales, qu'elle construit de sa voix si particulière : on entend les couches sonores se surimposées et une mélodie prend forme.

Ajoutons à cela une mise en scène jolie, mais jolie! Il y a longtemp que je n'avais vu un spectacle aussi illustré, et par des moyens aussi simples et bricolés. Pas d'hologramme ni de vidéos de synthèse, juste une grande toile blanche au fond de la scène, sur laquelle des artistes créent des jeux d'ombres chinoises. Divers objets sont déposés sur une table lumineuse dont on projette l'image sur l'écran et le résultat est ravissant : des gouttes de pluie perlent d'un nuage de tulle, un amas de gouache est pétri devant nous pour illustrer un voilier dans la tempête. Par des trucs simple qui nous ont ravi enfants, Feist et sa troupe créent un univers autour de chaque chanson. Déjà, l'idée de la petite lumière en cage avec laquelle Feist arrive, et repart un fois la soirée terminée, est charmante.
Il y a cependant un bémol. Ce spectacle aurait été parfaitement génial au Métropolis. Mais au Centre Bell, l'intimité qui émane des chansons et de la mise en scène se dilue dans l'espace trop grand des gradins. D'ailleurs, le parterre semblait vivre une soirée autrement plus riche en émotions que celle des spectateurs juchés dans les estrades. C'est vraiment dommage d'avoir choisi de s'arrêter dans les arénas, car ce spectacle est de ceux que l'on savoure dans l'intimité des petites salles.

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Pour voir des photos de la tournée de Feist, fouillez dans Flickr, notamment ici (où j'ai trouvé l'image de ce billet).

mercredi 5 novembre 2008

Ironie américaine

Les Américains aient élu Obama hier : moment d'émotions, moments d'espoir. On serait tenté de croire que le passage d'un Noir à travers cet ultime plafond de verre est un gage de l'ouverture d'esprit de nos voisins.

Et dans un autre registre, mais pour montrer qu'il y a loin de la coupe aux lèvres en matière d'égalité et d'ouverture à la différence, les dirigeants du réseau ABC ont commandé le retrait du personnage du Dr Erica Hann de Grey's Anatomy. Pourquoi? La blonde chirurgienne a changé d'équipe et est maintenant lesbienne (le personnage, pas l'actrice). Horreur. On peut donc montrer les fesses de Patrick Dempsey, mais pas voir deux femmes s'embrasser. En 2008.

Très ironique tout ça.