mercredi 29 octobre 2008

Smart People

Lundi soit, Chéri et moi avons loué Smart People. Un film qui n'avait l'air de rien, mais qui s'est avéré vraiment sympathique. Ce film a quelque chose de badin, mais le quotidien de cette famille bizarre vient nous toucher, un peu comme dans Little Miss Sunshine. Ellen Page y est délicieuse dans le rôle d'une ado nerd complètement obnubilée par son cerveau et dépourvue de compétences sociales (comme on irait dans les bulletins scolaires de la réforme!). Dennis Quaid est particulièrement haïssable et touchant en père professeur de littérature blasé. C'est rafraichissant de voir Sarah Jessica Parker sortir de Carrie Bradshaw, même si la styliste n'a visiblement pas pu s'empêcher de déborder vers Sex And the City dans le choix de certains looks.

Je crois que ce qui m'a le plus séduit est la manière dont le réalisateur, Noam Murro, dépeint la désillusion et le malaise : par de petits moments anodins, tout en subtilité. Un film sympa, sans tambour ni trompette, avec des personnages attachants et de belles performances d'acteurs.


lundi 20 octobre 2008

Des moldus en terrain magique

Samedi, en fin d'après-midi, Chéri et moi sommes allés nous balader en ville. Objectif : profiter du soleil tout en faisant un détour par le campus McGill (Chéri adore le McGill Bookstore et j'aime les grands arbres qui parsèment la pelouse devant les vieux édifices).

Cette promenade était tout à fait délicieuse, le soleil embrassait le paysage, l'air froid nous faisait des joues rouges. Puis, en arrivant sur le campus McGill, nous avons été surpris par un spectacle que je n'aurais cru voir...

De fringants sportifs en culottes courtes et t-shirts rouge vif couraient après des ballons, maintenant un balais entre leurs jambes. Oui monsieur, yes madame, un balais! Après quelques secondes d'observation médusées, je me suis écriée : "Ils jouent au quidditch?!" Chéri a éclaté de rire. Moi aussi. Du quidditch? Mais ils sont complètement patraques! Et, la chance est avec vous, j'avais mon appareil photo avec moi... Si vous portez attention, vous verrez même l'un des buts (un grand cerceau bleu) accroché dans l'arbre à droite. Ça vaut la peine de cliquer pour agrandir les images...
Nous sommes restés quelques minutes à les regarder courir, pauvres joueurs qui essaient d'être rapides en gardant une posture recourbée sur leur manche.

Nous allions partir, quand une grande blonde a couru vers nous, une tirelire de fortune à la main : elle amassait des fonds pour l'équipe de quidditch de McGill afin que ses vaillants balayeurs puissent concourir à la Coupe du Monde...

mardi 14 octobre 2008

Prenez soin de vous

L'artiste française Sophie Calle s'est fait plaquée par texto. Un jour, elle a reçu un message sur son téléphone mobile et son amoureux la laissait en terminant sur "Prenez soin de vous". Ça a rendu Sophie dingue : comment peut-on terminer une relation amoureuse de la sorte? Par SMS? Par "prenez soin de vous"?
Elle a demandé à une centaines de femmes (avocate, journaliste, danseuse, psychologue, auteure de livre pour enfants) d'analyser le texte de rupture. De ces regards féminins qui dissèquent la missive ou s'en servent comme d'un tremplin pour aller ailleurs est née l'exposition Prenez soin de vous.

Cette exposition est extrêmement intéressante quant au rapport à la rupture et à l'autre vu par la lunette de divers métiers, de diverses femmes. Comptable, lexicographe et juge portent un regard de nature différente sur le texte. La rationalisation à l'oeuvre est fascinante. À d'autres moments, écrivaine, graphiste et cruciverbiste donnent manient le texte avec fantaisie et pondent des perles de ludicité. La présentation des analyses et des créations, le plus souvent sur papier grand format placé sous verre, est fort soignée et les artéfacts originaux sont présentés dans des cartables muraux dans la plupart des cas. Seul bémol à Prenez soin de vous : la deuxième partie, composée presqu'uniquement de vidéos, est mal exploitée et moins prenante que la première. Les expériences vidéos sont inégales, pour quelques bijoux (Feist, sa voix et son ampli dans sa cuisine, Camille qui chante et tappe, ou encore une belle inconnue qui lit la lettre en japonais), on a droit à des interprétations moins heureuses... Mais malgré cela, vous passerez un bon moment en compagnie des femmes réunies par Sophie Calle.

L'expo est à Montréal au très bel espace du DHC/ART, dans le Vieux-Montréal. C'est gratuit, mais ça se termine le 19 octobre (dimanche!) donc faites-vite.

mercredi 8 octobre 2008

mardi 7 octobre 2008

Mon implication culturelle

Avec la campagne électorale et toutes ces histoires de culture que l'on considère comme un luxe pour intellos snobinards, j'ai beaucoup réfléchis à mon propre engagement face à la culture. Je suis intimement convaincue de l'importance vitale de la culture pour l'identité d'un peuple. Mais concrètement, qu'est-ce que je peux faire pour mieux soutenir et nourrir cette culture?

Alors j'ai décidé de prendre un engagement envers la culture, par la formulation de 3 résolutions pour améliorer mon implication face à la culture et pour me stimuler à passer à l'action concrètement. J'encourage mes amis blogueurs à faire de même. Ce serait tellement formidable qu'il y aie un effet de contagion de cette prise d'actions pour la culture...

Je prends donc 3 "résolutions" ; trois parce que je souhaite réellement les accomplir et les intégrer dans ma vie quotidienne. Et qu'en faisant réellement ces choses, je crois que je contribue à m'enrichir en tant qu'être humain et que j'apporte quelque chose de plus à ce grand bricolage collectif qui teinte nos vie et que l'on nomme culture.

Mon engagement envers la culture :

1 - Visiter un musée ou une gallerie d'art un minimum de 6 fois par année, soit une fois tous les deux mois. J'aime les expositions, mais trop souvent je manque de temps et délaisse cette activité en la reportant à plus tard. Mais il est honnêtement impossible que je ne trouve pas deux heures de mon temps en deux mois. Et ça me fera des critiques à partager avec vous!

2 - Revenir à la lecture pour le plaisir. Comme mon travail en recherche implique des tonnes de lectures scientifiques, j'en viens à me sentir coupable dès que je lis autre chose que le journal ou un article savant. Alors je prends la résolution de réintroduire la lecture de roman dans mon quotidien. J'aimerais entre autre lire Alabama Song au courant de l'automne, puis Kamouraska d'Anne Hébert (j'ai lu et relu les Fous de Bassan, mais je n'ai jamais lu celui-ci ).

3 - M'ouvrir à la musique classique. À la maison, j'essaie souvent de sélectionner des radios web qui offrent du classique, mais je n'ai jamais fait l'effort de chercher un peu et d'être curieuse par rapport à ce type de musique. Pourtant, je suis certaine qu'en m'y connaissant un peu plus en terme d'histoire, de compositeurs et d'interprètes je pourrais mieux apprécier ce que j'entends et choisir des pièces qui m'interpellent vraiment.

Et bien sûr, mon vote ira reflétera mes convictions le 14 octobre.

jeudi 2 octobre 2008

Nebbia, un cirque en forme de poème

Je suis allée voir Nebbia de la ludique bande du Cirque Éloize (merci LéoMo et sa maman pour le billet!). J'ai été ravie de ce spectacle qui est d'une poésie ravissante. Le premier numéro d'acrobatie sur ruban m'avait semblé ordinaire et j'appréhendais le spectacle. Mais j'avais tout faux.

J'ai suivi le maître de cérémonie, pas très équitable mais charmant, et son ami le pêcheur de lumière et j'ai découvert un village brumeux où l'échoppe du boucher cache une apprentie gracile et touchante de fragilité. Puis un champ où poussent des assiettes et une trampoline pleine de souvenirs d'enfants en vacances. Un tour de xylophone nous offre un fou duel où la dame en bleu joue du maillet. Une roue étoilée métallique qui tournoie dans les airs sous la pulsion des acrobates qui s'y nouent. Un couple magnifique, juvénile et pourtant si grave, qui s'élève et se couche suivant le jeu de leurs mains. Puis une fête foraine où le fou du village touche à ce qu'il y a d'universel en chacun de nous.

La musique (la plupart du temps jouée sur scène par ces artistes qui ont décidément tous les talents) est magnifique. La mise en scène simple nous offre des trésors de tableaux, des images magiques qui m'ont bercées longtemps après avoir quitté le théâtre. J'ai été ravie comme une gamine. J'ai été émue devant cette beauté profondément humaine. Chapeau au créateur et aux artistes.

Nebbia est au TNM jusqu'au 11 octobre. Courez-y.