lundi 1 décembre 2008

Le charmant réconfort de Babine

Je suis de ces ignares qui n'ont jamais vus Fred Pellerin en spectacle. On m'a pourtant vanté les talents du conteur de St-Élie-de-Caxton et je suis certaine que je passerais un bon moment en sa compagnie. En attendant, j'ai tout de même fait saucette dans son monde, par le film Babine réalisé par Luc Picard.



Ce film es construit en courte-pointe, on suit l'histoire de Babine, le fou du village, à travers divers tableaux. Si on sent que le budget a manqué pour la création de certains effets spéciaux, on pardonne rapidement ces limites tant l'histoire est jolie. Les images sont lumineuses, le village de St-Élie rappelle les petits bourgs de nos livres d'enfants et les comédiens semblent profondément heureux de donner vie à des personnages aussi charmants, décalés et humains.

D'ailleurs, les acteurs sont tous très bons, spécialement Vincent-Guillaume Otis qui incarne un Babine crédible et inspiré. Seuls les paroles du Vieux Curé et trois ou quatre répliques réparties ça et là m'ont semblées moins senties. Ces quelques accrocs sont minimes vus l'ampleur du défi que représente l'adaptation de la langue des contes. Car les textes auraient pu être mal transposés hors de la bouche de Pellerin, mais la plupart des acteurs ont su en préserver la saveur et la dentelle : les mots du conteur jouent avec les conventions et les métaphores pour le plaisir de nos oreilles.

Ce film est joli, sympathique à écouté et charmant à regarder. On se fait mené en bateau avec plaisir, se sentant à la fois en terrain connu (celui du Québec de "quand du temps, y en avait encore") et en contrée lointaine (celle d'un village mené par un brin de folie et un curé teigneux). C'est là tout le charme de Babine : plongé dans un univers surréaliste comme notre cinéma n'en a jamais créé, on se retrouve pourtant tout près de nos racines. Enfin, une histoire qui sent la ceinture fléchée présentée autrement qu'à la sauce des Filles de Caleb! Et ça, ça fait du bien. Alors prenez un bon chocolat chaud, bravez la neige et aller au cinéma, juste pour voir.

1 commentaires:

Marico a dit…

Merci chère fille rangée,
J'y cours!